Reportage - Team4Play#1 - 1000km Bathurst
rFactor - 2010-06 - 1000km de Bathurst Mardi, 15 Juin 2010Reportage - 1000km de Bathurst par Endurance rFactor. Samedi 5 juin 2010. Team4Play#1 Iroun-Wonder
par l'envoyé spécial Charles-Henri Du Pré![]()
L'inscription et premières impressions : "Chérie, où ais-je mis mon passe-port ?"
Grâce à de sérieux pistons, j'ai eu l'immense privilège de pouvoir suivre de près les différentes étapes de la course de la Team4Play#1 composée de Iroun et Wonder. L’annonce de la course est accueillie chez les Team4Play avec enthousiasme. Le circuit plait et l’idée de se retrouver une fois de plus à la lutte entre eux et de recroiser plus ou moins les mêmes participants que d’habitude pour en découdre dans les rues sinueuses du Mount Panorama motive et laisse songeurs les Team4Play.
Très vite, des jours de roulage sont organisés. Wonder et Iroun, comme à leur habitude font équipe. L’Iroun de la situation qui, congés obligent, lui permettent de rouler dés le début et de travailler sur le fameux setup si important sur un circuit tel que la boucle australienne. Nos pilotes-fêtards slaloment donc entre obligations et les Forster’s.
Avec les autres T4P, une saine collaboration commence. Il faut dire que cette fois-ci, ils font fort : 4 équipages engagés. La T4P-RastaRocket d’Esca et Valoche (qui briguent la gagne), la T4P#1 (d'Iroun et Wonder), la T4P#2 de Naven et Xav (qui au vue des derniers championnats et courses diverses fait très très peur) et la T4P#3+Superwall de Koji et Gravise. Très vite aussi, les (gentils) chambrages quant à la meilleure équipe T4P à l’arrivée commencent. La course dans la course en quelque sorte.
Côté Wonder, c’est très dur. Des caisses telles que les V8 de Bathurst sont assez compliquées à conduire pour ce férus de prototype, Iroun, lui, semble beaucoup plus à l'aise. De plus, pendant la période de roulage, la plupart des T4P luttent dans un championnat Radical … pas évident de rentrer complétement dans le bon état d'esprit. Puis Bathurst. circuit difficile qui pardonne peu ou pas les approximations. Le tracé semble effrayer Wonder. Peur de se planter, de ruiner la course de son co-équipier Iroun, peur des pénalisations sur abandon géré par le fameux Race Connection, peur d’être ridicule. Sachez juste qu’un T4P à jeun est quelqu’un d’extrêmement sensible. Par contre, lorsque le rapport gramme par litre augmente il se transforme en bête de pilotage.
Iroun est de suite plus vite que Wonder et sa tâche va consister à limer le gap jusque avant les qualifications. Aux dernières visites sur le hotlap, ils sont séparé d'un rien… ouf, c’est mieux. Mais encore loin des autres T4P qui semblent plus à l'aise d'emblée.
Les qualifications : "Mouais, on est quand même un peu loin, non ?"
C’est Wonder qui ouvre le bal. Il réussi assez rapidement à aligner quelques temps intéressants qui les placent entre la 7e et la 8e place. "J’ai l’impression que je peux encore aller un peu plus vite mais il y a toujours quelque chose qui fini par griller mon temps dans le dernier secteur" m'avoura-t-il en vidant sèchement sa Forster's. Et oui, le trafic. Sur un circuit comme celui-ci c’est mortel et ingérable.
Devant, les fusées tombent des temps d’extraterrestres. Puis, Iroun prend le volant et commence à prendre ses marques. Je me rends compte que le temps de Wonder est loin d'être ridicule car il va falloir un petit temps à iroun avant de l’approcher (alors qu’auparavant il lui grillait 1 ou 2 secondes de suite). Mais maintenant, le trafic n’aide pas. Il y a de plus en plus de voitures car les retardataires post JT débarquent et c’est à 25-26 en piste qu’Iroun trouve finalement une piste clean et le temps qualifs descend finalement un peu.
Cependant, ça ne n'empêchera pas la T4P#1 de terminer les qualifs à la 12e place, "moi qui avait espéré un top15 je devrais être content, néanmoins, je reste convaincu qu’un top 10 était à notre portée … hors trafic" nous dira un Iroun en larmes. Avec des « si », on remporterait même la course …. Quoique ….
La course : "Casques, gants et canettes"
Cette fois : ça y est : it’s race-day ! Iroun prend le départ, il est clairement meilleur que Wonder dans cet exercice.
La direction de course appelle un à un les pilotes pour se placer sur la grille derrière le pace car. Les moteurs s’allument. La meute est prête à en découdre et part à faible allure pour le tour de lancement. D’ici trois minutes, les fauves australiens seront lâchés. La course est sur le point de démarrer…
La tension est à son comble. L'adrénaline de plusieurs semaines d'entrainement est prête à être libéré tout au long d'un sprint de 1000 kilomètres. Les pilotes font chauffer les pneus et les freins, la ligne de départ est proche maintenant.
Premier relais (Iroun) : "Sois prêt : il y aura sûrement du pacecar !"
« Green flag ! » hurle la direction de course. Le premier virage passe sans accro. Iroun a laissé une petite sécurité avec les voitures devant pour ne pas être surpris, mais le premier tour nous vois perdre deux petites places dans le groupe porsuivant. C'est pas trop grave : la course est longue.
Je suis très rapidement impressionné par la maîtrise des pilotes du plateau : alors que tous le monde attend une sortie du pace car dans les touts premiers tours, rien ne se produira. Les pilotes sont agressifs mais pas stupides.
Iroun gère bien son affaire. Il pose son rythme et n’essaie pas de surconduire. On sent le vieux briscard des endurances. Au niveau strat’, nous avons fini par opter, après beaucoup d’hésitation, pour des runs d’1h15 – 1h20 avec le réservoir plein. Naturellement, un passage par les pits pouvaient être prévus mais seulement en fonction de ce qu’il nous restait dans le réservoir. Pour les relais, les T4P n'ont pas fait compliqué : un coup pour toi, un coup pour moi.
Alors qu'un safety semblait si évident, Bathurst n'en verra pas pendant cette première heure de course, signe d'une bonne maîtrise du plateau. Grâce à la régularité de Iroun, la T4P#1 arrive à se hisser dans le top10 en profitant des erreurs des autres. Devant, les 4 hommes de tête sont de vraies fusées.
La fin de run approche, ce run fut assez dur et les qualités de "fighter" de Iroun on été très utiles. Un run où le peloton se retrouva très compressé par endroit et où quelques coups de portières on du se perdre. Il est autour de 16h-16h10 lorsqu’Iroun communique par radio qu’il va rentrer aux stands d’ici quelques tours. Le bolide noir commence à donner des signes de faiblesse, notamment au niveaux des pneus. Iroun ne prend pas de risque inutiles (surtout lors d’un premier run). Wonder va bientôt entrer en jeu.
Second relais (Wonder) : "N'oublies pas de bien t'hydrater à chaque pace car !"
Le passage de relais se fait très facilement. C’est rapide et Wonder pas de temps d’adaptation : il est directement dans le bain avec des voitures un peu partout tout autour de lui (Gravise et Kimy)
La course se développe et le peloton devient de plus en plus nerveux. Le premier pace car est finalement pour Wonder suite à une violente sortie avant la dernière portion rapide de la voiture numéro 15. J’assisterai à plusieurs sorties de la voiture des officiels pour calmer un peu le jeu tout au long de son run. En effet, avec le système "Race connection", les pilotes sont invités à ne pas quitter la piste de suite. Le moindre drapeau jaune prend alors une autre dimension : celle du danger. En effet, lever le pied lorsque le jaune apparait en haut de l’écran devient un acte de survie, encore plus lorsque celui-ci apparait dans les courbes aveugles du Mont Panorama. Et pourtant, pendant ce relais, "j’en ai vu quelques unes de caisses démembrées ! Je me suis d’ailleurs fais très peur à quelques reprises : lors d’un passage de la chicane avec un pilote complètement de travers et, visiblement, totalement à la dérive ou lors d’une opération safety car, le pilote K3nst ignorait un drapeau jaune en me suivant et allait percuter de plein fouet les voitures des deux équipes admin qui venaient de se percuter (c’est au moins comparable à lâcher un coup de pied au cul d’un crs, enfin, je me comprends), sur ce coup aussi, beaucoup de chance pour moi. Ca se fête ! Pschiiii (bizarre comme bruit à la radio)"
A remarquer : jusqu’à présent, autant pour Iroun que Wonder, le trafic à gérer est vraiment minime. "Nous avons la chance de trouver du champs libre (sauf naturellement pour les opérations safety car)" nous dira Iroun. Au bout de 45 minutes et après une énième neutralisation les pneus de la voiture n'aident plus Wonder. Comment est-ce possible avec autant de voiture de sécurité ? C’est bien embêtant car Wonder commence à se dire qu'il n'est peut-être pas à la hauteur et que le rôle de boulet est aujourd'hui pour lui.
En effet, à la relance, les voitures devant s’échappent clairement, quant à celles derrière, c’est l’embouteillage du matin sur le périf. Au bout de 4-5 tours, le bouchon que Wonder provoque, saute plusieurs fois (K3nst revenu de loin après sa bourde mais sauvé grâce aux neutralisations, Harryseb, Kimy -les deux voitures erf-… même certains retardaires passent et le lâchent). Quelle déprime.
Wonder perd en quelques tours, le bénéfice du travail d’Iroun et revient à la case départ. Mais avec des sorties pacecar tout au long de son run, difficile de garder un bon rythme. La T4P#1 se trouve entre la 8e et la 10e place autour de 16h-16h10. Wonder demande à Iroun de se préparer, ça ne sert à rien de s’accrocher à sl strat’, lui ou la bagnole semblent ne pas être au top : "limitons la casse en faisant évoluer la stratégie."
Troisième relais (Iroun) : "T'endors pas hein !"
Le bon Iroun reprend donc les commandes du V8 Holden avec aisance. Lui et Wonder échangeront des informations de temps et commencent à repérer les adversaires directs à ce stade de la compétition. La T4P#2 de Xav et Naven lutte en tête de course avec la T4P-Rastarocket. Koji et Gravise sont eux quelque part entre la 10e et 15e position. Ce relais semble se faire assez calmement.
Dé qu'ils le pouvent, Wonder travaille pour aider Iroun à repérer les voitures sous drapeau bleu, pas facile à dépasser d’ailleurs, mais ça arrivera très peu d’être réellement en difficulté car la chance continue de les assister et donne toujours du champs libre pour le moment.
Inutile de préciser que le pace car dû sortir encore un peu, histoire de « resserrer les liens ». Iroun pilote à l’aise et garde une bonne cadence qui permet de nrester plus ou moins au contact et maintient la tête de course à distance raisonnable.
Lentement, la lumière diminue et les premiers phares commencent à s’allumer. Bathurst voit la nuit arriver ainsi que sa mi-course.
Quatrième relais (Wonder) : "Je rentre aux pits maintenant !"
Lorsque Iroun pite pour céder la place à Wonder, nous sommes aux alentour de 17h30. Ils naviguent toujours entre la 8e et la 10e place. C’est réellement à ce moment que Wonder saisi qu'ils sont Zans une stratégie décalée par rapport aux pilotes qui nous entourent sauf l’équipe de Christoph et Harryseb. Harry pite juste deux tours plus tôt. "Lui sera à surveiller de près" communique Wonder à la radio.
Wonder se retrouve donc dans les échappements de Harryseb très vite. Après une ou deux manœuvres d’approche, le pilote erf# semble prendre la mesure du champion belge et commence à s’éloigner doucement.. mais pas aussi nettement que le premier run assez moyen qu'il avait auparavant effectué.
"Au bout de quelques tours, je commence à revenir sèchement sur Harryseb qui suit un retardaire (Josper) mais n’arrive pas à le passer". Ca permet alors de refaire son retard et de le recoller rapidement. Passer du temps au boule de Harryseb, permet aussi de remarquer deux choses : il commet plus d’erreurs qu’en début de course et commence à manquer de grip en re-accelérant. "Pourtant nous sommes sensé être proche au niveau usure … à surveiller".
Harry passe Josper. Wonder pense faire de même mais, à son tour, constate que c’est une opération assez ardue. "Je ne vais tout de même pas passer tout mon run dans les échappements d’un retardaire quand même ?" l'entend-t-on à l'adresse d'Iroun. Au bout d’un moment, Iroun suggère de faire quelques appels de phares pour marquer l'intention et demander un « céder le passage ». Mais pas facile, Wonder n'a pas envie de prendre de risques inconsidérés, Josper lui se dit sûrement, "Si tu es plus rapide, met-toi à ma hauteur".
Au bout d’un moment qui me semble interminable et particulièrement stressant, Wonder passe. Mais Harryseb compte désormais 20 secondes d’avance. C’est incroyable comme la gestion de trafic peut-être difficile parfois.
Un coup d’œil au réservoir, il reste dans les 50 litres. Coup de radio à Iroun, Wonder sent qu’il va se passer quelque chose. "Je lui dis, de se tenir prêt, que quelque chose va se passer (je n'avais pourtant pas bu … enfin, je crois). Mais Iroun me répond qu’il ne peut pas venir : il est de corvée au pace car et qu’il ne pourra pas être disponible avant 20-30 minutes". Le temps d’assimiler cette info que la direction de course crache au micro l’information qui, à mon avis, marque le tournant de leurs course : safety car en piste pour un vilain crash dans la chicane.
Ni une ni deux Wonder accelère et se jette dans les pits. Après un simple demi-run, Wonder choisi de chausser quand même des pneus neufs, faire le plein et recoller Harryseb. "Vingt secondes comblés en un seul arrêt, c’est une bonne opération !" . Oui, décidement une bien bonne opération.
Ils ressort des stands à la 6e place, dans le tour du leader ! Qui l’aurait dit en début de course ? L’objectif est donc fixé à cet instant : le top 5 est devient à leurs portée et Wonder va doubler son run.
Cinquième relais (Wonder) : "Sombres dépassements"
Et revoilà donc en piste Wonder, tout phares allumés car l’obscurité est bien là cette fois. Il doit être quelque part vers 19h30. Devant (dans le désordre) l y a la T4P-rastarocket, les OG, les LSR-GTRO, la erf# de Harryseb et Christoph puis nous. Et, rappel, nous sommes sous régime de safety car.
"J’aime bien piloter la nuit. Je trouve ça plus agréable que le jour et je puis, je ne sais pas l’expliquer, c'est comme ça". La relance est donnée.
Au bout d’un tour Wonder constate que la donne a complétement changée : il est plus rapide. C’est vraiment flagrant ! Je le vois dans toutes les lignes droites, même hors aspiration, il revient comme une balle sur ses concurrents. Là où Harryseb passe avec difficulté un retardataire, le retardataire, il le bouffe tel un T4P assoiffé ferait d’une Kronenbourg par 30°C. Dans la partie technique, Wonder doit juste se tracasser de ne pas se laisser trop distancer pour se retrouver en bonne condition d’attaque. Visiblement, la voiture fonctionne mieux de nuit.
Le vent tourne et Wonder reste concentré sur son sujet. De son côté, la voiture d’erf remonte à son tour sur le bolide de la T4P#2 piloté désormais par Naven. T4P#1 et erf#58 roues dans roues, dans le noir de Bathurst pendant plusieurs tours où chaque petite erreur peut se révéler fatale. Et c’est une superbe bagarre qui a lieu !
Harryseb sent le danger (car Wonder remonte bien) et attaque Naven en le passant virilement. Le tour suivant c’est au tour de la T4P, "la voiture est au petits oignons et je dépasse notre équipe soeur au bout de la ligne droite avant même la courbe rapide rapide : c’est vous dire que la vitesse de pointe est excellente !" Quelques virages plus loin, Wonder est déjà revenu dans les échappements d’Harryseb. Iroun l’encourage dans le casque, lui fournit des temps, des écarts, des informations. Avec Harry, Wonder se retrouve à plusieurs reprises de front dans les virages mais c’est du très correct. Naven arrive même à recoller (ils perdent du temps en arsouille), et, au moment précis où l’ami naven nes reprends, Wonder trouve la faille d’Harryseb au bout de la première ligne droite. Harryseb ne le reverra plus.
"Iroun m’annonce que je roule plus vite d'une seconde mieux que mes adversaires. A ce moment, je suis 4e ! C’est dingue et vraiment inespéré, mais pas le temps de se réjouir : un safety, une errreur, un retardaire capricieux … tout peut encore arriver. Je force un max pour mettre le plus de distance entre eux et nous car je suis en confiance. J’aimerai que Iroun reprenne le volant en restant devant".
Les retardataires sont tous engloutis (et sont assez fairplay). Iroun l’encourage toujours, c’est un super co-équipier. Wonder pousse tant que la voiture le lui permet. De son côté Iroun commence les calculs. Au bout d’un moment, il communique les consignes : tenir jusqu’au 136e tour. Wonder commence à craindre une nouvelle sortie du pace car. Sortie qui annulerait tout l’effort de son run pour mettre de la distance entre la voiture d’erf, T4P#2 et la leur Iroun propose même à Wonder de garder le volant dans un ultime run vu qu'il se trouve dans un bon trip. C’est tentant de ne pas refuser et pourtant… Il suis fatigué et, surtout, il aimerai que le résultat à l’arrivée soit le fruit d’un travail d’équipe. "Merd** on est une équipe, prends le relais ma poule !". C'était la meilleure chose à faire après coup.
Sixième et dernier relais (Iroun) : "Résistance et surprise finale"
Iroun ressort donc avec une bagnole propre, rapide et fiable. Il ira jusqu’au bout. Il est plus ou moins 20h30.
"Je meurs de faim et vais me chercher de quoi casser la graine. Le temps d’engloutir mon casse-dalle en comparant les temps des autres teams qu’une petite pastille sur le live retient mon attention : celle de (encore) l’équipe erf# de Cristoph (qui vient de succèder au volant à Harryseb). Elle se trouve à environ 12-13 secondes. Nous nous trouvons à la 4e position à ce moment de la course. La fin est proche, il fait une nuit d’encre et cette pastille remonte sur notre bolide noir à toute allure. Le temps d’attendre deux ou trois tours le constat est tout fait : Christoph va nous faire la nique car il reprend à Iroun 1 à 2 secondes au tours. Mince, c’était trop beau !"
De son côté Iroun a également remarqué que l’écart avec la voiture précédente est en train de fondre. Wonder tente de rassurer mon coéquipier mais moi-même suit assez tracassé : Cristoph semble beaucoup plus rapide qu'eux et, sans l’avouer, je ne vois pas comment vont-ils résister au retour de la première team des organisateurs. Nous prenons les choses avec un peu de distance et Wonder communique à Iroun que quoiqu’il arrive ils auront quand même réalisé un bel exploit. J’étais loin de me douter qu’Iroun allait nous sortir le tout grand show !
Il aura fallu que quelques trois ou quatre tours pour que la voiture blanche-rouge-noire de Christoph revienne dans les échappements sauf que … le bolide T4P est vraiment très bon ce soir, en particulier dans les rares points où un dépassement est possible et Iroun se défend bec et ongles. Cristoph tentera pourtant par tous les moyens de passer mais rien n’y fera. De notre côté c’est silence radio. J’assiste au duel en me rongeant les ongles comme jamais. Plusieurs fois tout a falli capoter mais au fur et à mesure des tours une idée folle commence à germer dans ma tête : et si Iroun résistait jusqu’à l’arrivée ? De plus, Iroun gère magnifiquement le trafic, un mix de calme et d’incissivité qui permet à chaque dépassement de pouvoir souffler quelques nouvelles dizaines de secondes qui les rapprochent de la ligne d’arrivée. Cristoph ne baisse pourtant pas pavillon et ne s’éloigne jamais plus loin que 3-4 secondes. Par moment il réussi même revenir dans l’aspiration mais Iroun gère l’arsouille comme un pro.
Il ne reste pas grand-chose. On commence à sentir que Cristoph aussi doit faire face à une voiture qui n’a plus la fraicheur d’un début de relais quoique, toujours présente et redoutable. Lorsque soudain, l’incroyable se produit. J’assiste à l’accident d’Esca en tête de course. Je signale à Iroun (qui revient au niveaux des pit) qu’il y a des chances qu’il se retrouve avec Esca à la sortie des stands, mais ça n’arrive pas et Esca reste cloué à son box pour des réparations qui semblent plus importantes que prévues. Le malheur des uns fait le bonheur des autres dit-on. C’est super dommage pour Esca et Valoche (qui faisant une superbe course et seul la remontée fantastique des derniers tours fera sembler moins amère une sacré pillule) mais bon c’est la course.
Wonder annonce donc très calmement (?) à Iroun qu'ils ont en main un podium ! Allucinant ! Après des qualifs au-delà du top10, une première moitié de course qui ne les voit pas spécialement protagoniste, la nuit sonne le début d’une formidable remontée jusqu’à la plus petite marche du podium.
Les derniers kilomètres sont avalés la peur au ventre de voir un nouveau pace car sortir (et l’accident d’un participant à trois tours de l’arrivée a falli de nouveau tout remettre en cause et, par chance, le participant malheureux repartira sans déclencher la voiture aux gyrophares), Cristoph sort une ultime série de temps canon mais rien n’y fait : ils resterons 3e au général ! Que c’est bon ! Bravo Iroun !
Sur le podium : "On va dormir cette nuit ?"
"Nous sommes lessivé et heureux !". Une course vraiment sensass qui nous a procuré des émotions à tous les niveaux. Et puis des bagarres jusqu’au bout, une gestion de retardataires délicate vu la nature du circuit, le pace car qui venait annihiler ou augmenter le gap et les efforts produits. La stratégie les a bien aidé également et, avouons-le, la chance a également été un peu de leur côté (mode private joke on : "Die Poissovitch, Die !!!" Mode private joke off). Mais bon, la chance il faut la provoquer et la saisir, chose qu'ils ont très bien fait.
Iroun nous dit : "Nous avons donc exploité ce qui fait la force de notre team depuis que nous roulons en endurance, c’est-à-dire la complémentarité des pilotes et, tout en étant moins vite que certains de nos collègues, une certaine constance et une prise de risques calculés, surtout à la tombée de la nuit". La nuit justement, tous les tournants de leur course se sont joués à ce moment et cela a coincidé avec leur montée en puissance alors que la frustation de ne pas réussir à suivre comme ils le souhaitait leurs adversaires dans la première partie de course, ne laissait que présager une suite anonyme. Mais la nuit venue, la donne a changée et, avec la complicité d’un pace car providentiel (que Wonder s'attribue le mérite d’avoir « reniflé » ), ils ont réussi à accompagner la montée de niveau du bolide et de répondre coups sur coups aux attaques des adversaires grâce notamment aux dépassements sur Harryseb et Naven pour se hisser à la 4e place, puis de résister un run entier au retour fulgurant de Christoph. Quel course ! Je pense qu’elle restera longtemps dans ma mémoire et, je ne pense pas trop m’avancer, si je dis qu’Iroun et Wonder s’en souviendront aussi lorsqu’ils seront tout vieux et frippés (et c’est là que Iroun est sensé prendre la voix d’Abraham) .
Les Team4Play se sont quand même bien illustrés. La T4P-rastaRocket d’Esca etValoche n’a pas remporté la victoire pour un coup de malchance à quelques kilomètres de l’arrivée. Elle termine néanmoins à une 5e place après une remontée à couper le souffle. La T4P#2 de Xav et Naven a longuement navigué dans les toutes premières positions. La T4P-Superwall a joué de malchance et termine à la 12e position.
La nuit tombe complètement sur Bathurst et sur nos écrans de pilotes virtuels. La journée aura été forte en émotions.
Je voudrais dire un grand bravo à tous les pilotes et, en particulier, ceux avec qui Wonder et Iroun se sont arsouillé. C’était vraiment génial. Vivement que l’on remette ça.
Le race connection a bien joué son rôle et semble être sur les bons rails pour nous faire vivre une expérience proche de la réalité dans le futur.
Merci aux orga pour cette belle course. Je sais que certains étaient au four (à la direction de course) et au moulin (sur la piste en guise de pilotes) en même temps.
Bravo aux vainqueurs, bravo les gars.
Merci aussi à tous les participants car sinon c’est moins marrant de rouler tout seul..
Vivement la prochaine, je m’en réjouis d’avance.
A bientôt !
Charles-Henri Du Pré
PS : Le message qui suit est une sorte de "conseil" donné par les pilotes et les mécanos qui sont gracieusement fêtards.
- Un petit cadeau en toute modestie :) pour ceux qui attendait finalement de voir à quoi nous ressemblons dans la réalité. Nous sommes tout ce qu'il y a de plus normal entre deux brushing. Voici une simple photo amateur prise à notre insu entre deux sessions d'essais. N'oubliez pas de l'imprimer pour la donner à vos grand-mères et/ou arrière-tantes célibataires. -

| < Précédent |
|---|

